Publié le: 31 mai 2026
La façon dont vous aménagez votre terrain a un impact direct sur la qualité de l’eau du lac. Voici ce que dit la réglementation et ce que vous pouvez faire concrètement.
Réglementation : ce que dit la Ville de Saint-Raymond
L’aménagement des terrains riverains n’est pas laissé au libre arbitre de chaque propriétaire. La Ville de Saint-Raymond a adopté des règles précises que tous les riverains sont tenus de respecter.
| Règlement de zonage — Chapitre 24 · Ville de Saint-Raymond Voici les principales obligations : • Aucune portion de terrain en cours arrière (côté lac) ne peut être recouverte d’asphalte, de béton, de pavés unis ou de tout autre matériau imperméable, à l’exception d’une superficie maximale de 20 m². • Si la pente est abrupte, des bassins de captation d’eau doivent être aménagés pour retenir les eaux de ruissellement. |
Ces règles visent à limiter le ruissellement des eaux de pluie vers le lac — un vecteur majeur de transport des sédiments, des nutriments et des polluants qui dégradent progressivement la qualité de l’eau.
La bande riveraine : la gardienne du lac
Elle constitue le principal rempart contre la dégradation du milieu aquatique. Plus elle est dense, diversifiée et étendue, mieux elle remplit son rôle.
| Les rôles essentiels de la végétation riveraine • Protection contre l’érosion : les racines des arbres, arbustes et plantes ancrent solidement le sol des rives, résistant aux vagues, au vent et aux crues. • Filtration naturelle : les racines captent et filtrent les nutriments (phosphore, azote) et les polluants provenant des terrains adjacents avant qu’ils n’atteignent le lac. • Régulation thermique : la végétation fait de l’ombre sur l’eau, régularise sa température et prévient ainsi les proliférations d’algues et de cyanobactéries (algues bleu-vert). • Richesse faunique : elle offre refuges et corridors à une grande diversité d’espèces animales, des oiseaux aux amphibiens en passant par les insectes pollinisateurs. • Esthétique naturelle : une rive végétalisée est plus belle, plus vivante et mieux intégrée dans le paysage qu’une berge bétonnée ou tondue à ras. |
Les règles à respecter
| Largeur minimale : La bande riveraine doit avoir une largeur d’au moins 15 mètres, peu importe la pente, et doit être maintenue à l’état naturel. Interventions interdites : Toute intervention sur la végétation est interdite dans cette bande : tonte, débroussaillage, abattage d’arbres, construction, ouvrages ou travaux quelconques. Exception d’accès : Une bande de 3 mètres peut être déboisée pour permettre l’accès au lac, dans un corridor étroit et bien délimité. ⚠️ Obligation de renaturalisassion— Terrains déjà aménagésSi votre bande riveraine est actuellement altérée (pelouse, dalle, muret, etc.), vous avez l’obligation de la renaturaliser sur une profondeur minimale. La renaturalisation consiste à replanter avec des espèces indigènes adaptées au milieu riverain et à laisser la végétation s’y établir naturellement. |

Au-delà des obligations légales, de nombreux gestes simples peuvent faire une réelle différence sur la qualité de l’eau du lac Sept-Îles. Chaque propriétaire riverain est un acteur clé de la protection du lac.
| Bonnes pratiques — Liste d’actions concrètes • Limiter au maximum les espaces gazonnés sur votre terrain, particulièrement côté lac. • Ne pas poser de nouvelle pelouse en tourbe — elle contient du phosphore et de l’azote qui se lessivent vers le lac. Privilégier la semence sur sol brut, sans engrais de départ. • Laisser les végétaux indigènes coloniser naturellement la pelouse existante — trèfle, violettes, plantain, pissenlits sont vos alliés ! • Ne jamais utiliser d’engrais, d’herbicides ou de pesticides sur votre terrain riverain. • Planter des espèces indigènes adaptées : aulne, cornouiller, spirée, fougères, carex, iris des marais — plus rustiques, sans entretien, et bien plus efficaces. • Diversifier les espèces plantées pour renforcer la résilience de la bande riveraine et favoriser la faune locale. • Conserver les feuilles mortes et les débris végétaux au sol — ils nourrissent le sol et accueillent insectes et amphibiens. |
Ces gestes ne requièrent ni budget important ni expertise particulière. Ils demandent surtout un changement de perspective : apprendre à voir la rive naturelle non pas comme un désordre à corriger, mais comme une richesse à préserver.
Ensemble, préservons le lac Sept-ÎlesLes bénéfices d’une bande riveraine bien conservée se font ressentir à l’échelle de tout le lac. Si chaque propriétaire riverain pose les bons gestes, voici ce que nous pouvons espérer collectivement : • Une eau plus claire et de meilleure qualité pour la baignade, la pêche et la vie aquatique. • Moins de fleurs d’eau de cyanobactéries grâce à une meilleure rétention du phosphore. • Une érosion réduite sur toutes les rives du lac, même lors des crues printanières. • Une faune enrichie : oiseaux, grenouilles, libellules, poissons — un lac vivant et diversifié. • Des rives plus belles, plus naturelles, qui valorisent l’ensemble des propriétés riveraines. La réglementation est un minimum. L’amour du lac, lui, n’a pas de limite. Préservons ensemble le lac Sept-Îles pour les générations futures. |

