Les enjeux environnementaux

Le lac Sept-Îles, un écosystème exceptionnel mais fragile !

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La qualité de l’eau des lacs et des rivières suscite énormément d’intérêt auprès des riverains et du public en général. Le potentiel récréatif et la beauté d’un plan d’eau font de ses abords un endroit privilégié.

La présence d’algues bleues dans plusieurs lacs du Québec est un signe évident que nos lacs vieillissent mal et que la qualité des eaux se détériore beaucoup plus rapidement avec les effets de l’activité humaine. Le lac Sept-Îles n’échappe malheureusement pas à cette règle. Au cours des années, les eaux de notre lac ont connu quelques épisodes d’éclosion de fleurs de cyanobactéries, les fameuses algues bleues. La dernière éclosion remonte à l’été 2023.

En 2008, l’APLSI a réalisé un premier bilan de santé du lac : La diagnose écologique sommaire du lac Sept-Îles. Le lac était rendu dans sa phase intermédiaire de vieillissement dite mésotrophe.

Plusieurs actions préventives ont été réalisées par la suite dont le programme de renaturalisation des rives, l’installation de bouées de sensibilisation dans les zones peu profondes du lac, le programme de sensibilisation aux bonnes pratiques pour les usagers du lac, etc.

En 2020 et en 2022, deux nouvelles études: Étude pour documenter la dynamique de la population phytoplanctonique de diatomées et Étude de l’état trophique du littoral et des principaux tributaires du lac nous ont permis de réaliser un deuxième bilan de santé du lac. Selon les résultats, l’accroissement du taux de sédimentation semble ralentir depuis les années 2000, et depuis 2010, ce taux tend même à décroître. Ces résultats sont encourageants car les efforts effectués au fil des ans pour contrer l’érosion, le ruissellement et le transport des sédiments semblent être bénéfiques. Par contre, la concentration de phosphore ne cesse de s’accroître et est actuellement à son niveau le plus élevé. L’abondance des espèces planctoniques et benthiques mesurées suggèrent un enrichissement en nutriments important dans la colonne d’eau du lac. Selon l’étude de 2022, certains secteurs du lac montrent un enrichissement en phosphore critique classé mésotrophe et méso-eutrophe. Les résultats montrent que les causes d’enrichissement du lac en phosphore proviennent du brassage des sédiments au fond du lac par des embarcations motorisées, des installations septiques, des engrais sur les terrains et d’une bande riveraine fragilisée. La bonne nouvelle est que les tributaires du lac sont en bonne santé.

Voici l’enjeu principal des résidents du lac Sept-Îles, soit diminuer les apports en phosphore et sa recirculation provenant des sédiments du lac et des installations septiques.

Vieillissement et eutrophisation

L’EUTROPHISATION

L’eutrophisation est un processus de transformation et de vieillissement des lacs se caractérisant par une augmentation de la productivité d’un lac, c’est-à-dire notamment par un accroissement des plantes aquatiques et des algues. C’est un phénomène naturel à l’échelle géologique, mais qui se trouve fortement accéléré par les matières nutritives et les sédiments apportés par diverses activités humaines.

Lorsque le phosphore devient trop abondant, il cause une croissance excessive des végétaux aquatiques. Cet envahissement par les plantes aquatiques et les algues a pour effet de détériorer la qualité des eaux, affectant ainsi la qualité esthétique, le goût et l’odeur de l’eau et modifiant la composition de la faune aquatique présente, dont celle des espèces de poissons d’intérêt sportif. La santé et la pérennité du plan d’eau ainsi que les différents usages humains sont donc grandement affectés par l’eutrophisation.

VIEILLISSEMENT ACCÉLÉRÉ PAR LES ACTIVITES HUMAINES

Malheureusement, les activités humaines (urbanisation, villégiature, activités agricoles, forestières et industrielles) accélèrent le processus d’eutrophisation des lacs en augmentant significativement les apports de sédiments (particules de sol) et de nutriments. Les apports en matières nutritives, comme le phosphore et l’azote, provenant entre autres d’installations septiques mal entretenues ou d’usages excessifs de fertilisants, sont responsables de l’eutrophisation accélérée du lac. D’autre part, les apports en sédiments dans la colonne d’eau, provenant du brassage du fond du lac par les embarcations motorisées, de l’érosion des sols du bassin versant et des rives contribuent également à l’eutrophisation accélérée du plan d’eau.

Les principales sources de nutriments sont:

  • Engrais domestiques (pour pelouses, platebandes, etc.)
  • Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.)
  • Eaux usées (domestiques, municipales)
  • Coupes forestières abusives (sols mis à nu)
  • Érosion des rives
  • Remise en circulation des sédiments déposés au fond du lac

Film Réflexions

Les cyanobactéries

LES CYANOBACTERIES

Les cyanobactéries sont microscopiques (invisibles à l’œil nu). Cependant, lorsqu’elles sont trop nourries, elles se multiplient et s’agglomèrent au point de former des masses macroscopiques (visibles à l’œil nu) que l’on appelle fleurs d’eau, bloom ou efflorescences.

Les fleurs d’eau peuvent prendre différentes colorations (bleu-vert, vert-olive, violet, rouge) et différentes formes (colorant, peinture, écume, mousse). En quantité trop abondantes, avec des toxines, elles peuvent nuire à la santé des usagers du plan d’eau.

Le Myriophylle à épis

LE MYRIOPHYLLE À ÉPIS

Le myriophylle à épis (Myriophyllum spicatum) est une espèce de plante aquatique exotique envahissante (PAEE) eurasienne bien établie au Québec. Sa progression est en constante évolution. En 2016, seulement dans la région des Laurentides, sa présence a été signalée dans une quarantaine de lacs. Près de chez nous, elle a été signalée au lac Saint-Charles et au lac Sergent.
Cette plante submergée forme des herbiers très denses et peut croître à des profondeurs allant de 1 à 10 mètres. Elle atteint la surface lorsqu’elle pousse à
des profondeurs de moins de 5 mètres. En plus de la rareté de prédateurs naturels, le myriophylle à épis dispose d’un atout supplémentaire : il peut se reproduire par fragmentation de la tige. Ainsi, un petit morceau de tige sectionnée peut prendre racine et donner naissance à un nouveau plant. Les fragments peuvent être transportés par le courant, les usagers des plans d’eau et les animaux.

Film Myriophylle